Pourquoi j’aime proposer cet exercice dans ma pratique “Corps & Âme”
Dans ma pratique, il y a une phrase qui revient souvent :
“Je sens que quelque chose me pèse… mais je n’arrive pas à mettre des mots dessus.”
Parfois, cela se manifeste par :
- un ventre noué,
- des tensions dans le corps,
- une fatigue inexpliquée,
- une sensation d’oppression,
- des pensées qui tournent en boucle,
- une difficulté à lâcher prise,
- ou simplement l’impression d’être “envahie” par une relation ou une situation.
Et très souvent, derrière ces manifestations, il y a des liens émotionnels devenus lourds à porter.
Des relations dans lesquelles on continue inconsciemment :
- à vouloir réparer,
- sauver,
- être reconnue,
- être choisie,
- être validée,
- ou simplement aimée.
Avec le temps, le système nerveux finit parfois par rester bloqué dans un état d’hypervigilance permanent.
Le corps se crispe. Le ventre se tend. Le sommeil devient plus léger. Les émotions circulent moins bien. Et l’on peut avoir la sensation de porter des choses qui ne nous appartiennent plus totalement.
C’est précisément pour cela que j’aime proposer l’exercice du Petit Bonhomme Allumette dans ma pratique “Corps & Âme”.
Parce qu’il permet, avec beaucoup de simplicité, de remettre du mouvement là où quelque chose semble figé intérieurement.
Une approche symbolique popularisée par Jacques Martel
Le Petit Bonhomme Allumette est une technique symbolique popularisée par Jacques Martel, thérapeute canadien connu pour son travail autour du décodage biologique, des mémoires émotionnelles et du lien entre le corps et le vécu psycho-affectif.
Auteur du célèbre Grand dictionnaire des malaises et des maladies, il a consacré une grande partie de son travail à explorer la manière dont certaines émotions, conflits ou tensions relationnelles peuvent venir s’imprimer dans le corps.
Son approche repose sur une idée que je trouve profondément juste :
Le corps ne parle pas contre nous.
Il tente souvent d’exprimer ce que nous n’avons pas pu dire, ressentir, poser ou transformer autrement.
Dans cette vision, certains symptômes peuvent parfois être mis en lien symboliquement avec :
- des conflits intérieurs,
- des peurs,
- un besoin de sécurité,
- une difficulté à poser des limites,
- une surcharge émotionnelle,
- des loyautés familiales,
- ou des relations devenues énergivores.
Bien sûr, cela ne remplace jamais un suivi médical ni une approche scientifique du corps.
Mais je trouve précieux d’ajouter cette lecture plus sensible et symbolique à l’accompagnement.
Parce que nous ne sommes pas seulement un corps biologique.
Nous sommes aussi faits :
- d’émotions,
- d’histoires,
- de relations,
- de stress,
- de mémoire,
- et de vécu.
Et parfois, le corps porte silencieusement ce que l’esprit tente encore de gérer et lorsque certaines limites commencent enfin à se poser intérieurement, quelque chose se détend aussi dans le corps.
Pour les personnes qui souhaitent approfondir cette approche psycho-émotionnelle et symbolique du corps, le travail de Jacques Martel est très intéressant, notamment son célèbre Grand dictionnaire des malaises et des maladies, disponible ici :
https://www.connexion-zen.com/wp-content/uploads/2022/03/Le-Grand-Dictionnaire-des-Malaises-et-des-Maladies-2e-Edition-2007_J.Martel.pdf
Pourquoi cet exercice est si puissant
Ce que j’aime particulièrement dans le Petit Bonhomme Allumette, c’est qu’il ne cherche pas à “couper l’amour”.
Au contraire.
Il permet surtout de couper :
- les tensions,
- les attentes,
- les projections,
- les rapports de contrôle,
- la culpabilité,
- ou les charges émotionnelles qui nous empêchent d’être pleinement nous-mêmes.
On garde le lien du cœur.
Mais on reprend son espace intérieur.
Et cela peut être incroyablement apaisant pour le système nerveux.
Dans ma pratique, je remarque souvent que lorsque certaines limites émotionnelles commencent enfin à se poser :
- le corps se détend,
- la digestion s’apaise,
- le sommeil change,
- les compulsions diminuent,
- et les personnes recommencent doucement à respirer autrement.
Comme si une partie d’elles arrêtait enfin de “tenir” quelque chose en permanence.
Quand j’aime le proposer en consultation
Je propose souvent cet exercice lorsque je sens :
- une relation familiale très lourde,
- une séparation difficile,
- une dépendance affective,
- une culpabilité importante,
- des conflits récurrents,
- une difficulté à prendre sa place,
- ou des personnes qui se sentent constamment “vidées” après certains échanges.
Je le trouve particulièrement intéressant chez les profils très empathiques, hypervigilants ou dans le contrôle, qui absorbent énormément émotionnellement sans toujours s’en rendre compte.
Certaines personnes ressentent un apaisement immédiat après l’avoir fait.
D’autres ont besoin de le refaire plusieurs fois.
Et parfois, cela fait simplement émerger une prise de conscience importante.
Mais presque toujours, quelque chose commence à bouger intérieurement.
Comment réaliser le Petit Bonhomme Allumette
Prends une feuille blanche et un stylo.
Dessine simplement :
- un petit personnage qui te représente à gauche,
- et l’autre personne ou la situation concernée à droite.
Il ne s’agit pas de faire un beau dessin.
L’intention compte bien plus que le résultat.
Écris les prénoms sous chaque personnage, puis entoure-les chacun d’une bulle ou d’un cercle de lumière.
Ces bulles représentent l’espace énergétique et émotionnel propre à chacun.
Relie ensuite les deux personnages par plusieurs lignes, au niveau :
- de la tête,
- du cœur,
- du ventre,
- ou de toute autre zone qui te semble intuitive.
Ces lignes symbolisent les liens émotionnels, les attentes, les attachements ou les tensions encore présents.
Puis, avec une paire de ciseaux, coupe doucement entre les deux personnages.
Pendant ce geste, j’aime proposer cette phrase :
“Je rends à chacun ce qui lui appartient avec amour.
Je me libère de ce qui ne m’appartient plus.
Je garde l’amour, mais je me détache de la souffrance, des attentes et des tensions.
Je reprends mon énergie, ma liberté intérieure et ma juste place.”
Prends ensuite quelques respirations profondes.
Observe simplement ce qui se passe dans ton corps.
Parfois, cela semble subtil et parfois c’est très puissant.
Une pratique simple… mais profondément transformatrice
Ce que j’aime avec cet exercice, c’est qu’il est accessible, symbolique et profondément humain.
Il ne cherche pas à “effacer” les relations.
Il invite plutôt à retrouver une relation plus saine avec soi-même.
À arrêter de porter ce qui nous épuise.
À remettre du mouvement dans ce qui était figé.
À reprendre sa juste place.
Et parfois, c’est justement lorsque l’on cesse de vouloir tout retenir que quelque chose peut enfin commencer à se réparer intérieurement